Les collections de Mr Coyote version 2.0

Savoureux mix entre cartoon (Looney Tunes, Capitaine Caverne, Scooby-Doo, Tom & Jerry ...) et BD (Astérix, Tintin, Gaston Lagaffe, Lucky Luke, Rantanplan, Grimmy, Largo Winch ...)

28 novembre 2009

Astérix, une BD dans tous ses états

Une série d'émissions diffusées en août 2008 dans "Pour la littérature" sur France Culture. Les liens permettent de télécharger les émissions au format mp3.

1.  Astérix, ou la petite star de la BD française.

« Astérix, le héros de ces aventures. Petit guerrier à l’esprit malin, à l’intelligence vive, toutes les missions périlleuses lui sont confiées sans hésitation. Astérix tire sa force surhumaine de la potion magique du druide Panoramix. »

Qui est Astérix, ce héros aux allures d’anti-héros ? Car physiquement, il est loin des canons des supermen qui hantent les comics américains… Aussi son nom n’est-il pas le fruit du hasard : l’astérisque, c’est la petite étoile, et Astérix, c’est une petite star, bien franco-française, et créée dans cet esprit en 1959 pour le lancement du journal Pilote. Or sait-on que ce mythe de la francité a pour parents deux enfants d’immigrés ? Albert Uderzo, d’origine italienne, est naturalisé français à l’âge de 7 ans, et René Goscinny, d’origines polonaise et russe, bien que né à Paris, grandit en Argentine, travaille aux Etats-Unis et en Belgique, avant de revenir au pays de « nos ancêtres les Gaulois ». Comment ce personnage, résultat d’une séance de brainstorming d’à peine 10 minutes, est-il devenu un mythe ? Quelles ont été les tribulations extra-livresques de ce phénomène d’abord littéraire ?

Invité :

Pascal Ory. Historien, il enseigne à l’Université de Paris-I-Sorbonne. Il est l’auteur de Goscinny, la liberté d’en rire (éd. Perrin).

2. Abraracourcix, ou la politique à bras le corps

« Abraracourcix est le chef de la tribu. Majestueux, courageux, ombrageux, le vieux guerrier est respecté par ses hommes, craint par ses ennemis. Abraracourcix ne craint qu’une chose : c’est que le ciel lui tombe sur la tête, mais comme il le dit lui-même : ‘c’est pas demain la veille !’ »

Abraracourcix, un chef aux allures de beauf, qui révèle pourtant une personnalité politique d’envergure : ancien combattant de Gergovie, il incarne à lui tout seul les valeurs de la résistance prônées par son village d’irréductibles. Un idéal qui rappelle celui réaffirmé par de Gaulle lors de son retour au pouvoir en 1958, soit un an avant la création d’Astérix. Aurait-on affaire à une BD gaulliste ? Il est en tout cas clair qu’Astérix se fait l’écho des préoccupations politiques et sociales de la France moderne : place des femmes et des jeunes, luttes sociales, triomphe du capitalisme, uniformisation des comportements, aberrations administratives… Astérix tend à notre société un miroir, certes pour rire, mais d’une lucidité bien souvent troublante. Mais quel est pour finir l’idéal politique que propose le système gaulois ? Et si l’adversaire désigné est l’impérialisme de César, les vrais méchants ne sont-ils pas les « Goths, Ostrogoths et autres Goths » ? Où l’on peut voir que derrière des apparences faussement chauvines, cette BD construit une utopie basée sur des valeurs d’ouverture et de respect.

Invité :

Nicolas Rouvière. Spécialiste de littérature populaire, littérature de jeunesse et bande dessinée, il enseigne à l’IUFM de Grenoble. Il est l’auteur d’Astérix ou les lumières de la civilisation (éd. PUF) et Astérix ou la parodie des identités (éd. Champs Flammarion).

3. Panoramix, ou les secrets du savoir magique

« Panoramix, le druide vénérable du village, cueille le gui et prépare des potions magiques. Sa plus grande réussite est la potion qui donne une force surhumaine au consommateur. Mais Panoramix a d’autres recettes en réserve… »

Panoramix, le druide, est le détenteur du secret de la fameuse potion magique qui assure à ceux qui la boivent une force surhumaine. Ses pouvoirs ne le font pourtant jamais tomber du côté de l’occulte : il est bien plutôt l’incarnation du bon sens cartésien. Pédagogue et curieux, il invite ses amis et les lecteurs à l’exploration des différences, à la compréhension des autres peuples en jouant des stéréotypes et propose la version d’un savoir et d’une sagesse humanistes. C’est surtout à travers la construction d’une langue proprement astérixienne que ces aspects se révèlent. Car Goscinny a créé pour cette série un idiome propre. Comment sont nées toutes ces expressions passées aujourd’hui dans le langage courant : « Résister encore et toujours à l’envahisseur » ; « Ils sont fous ces… » ; « Être tombé dedans petit » ; « Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide »… ? Quels sont les ressorts du comique propres à cette BD ? Comment les Anglais s’en sont-ils sortis pour traduire Astérix chez les Bretons ?

Invité :

Bertrand Richet. Linguiste, il enseigne à l’Université de la Sorbonne nouvelle-Paris 3. Il est l’auteur, avec Catherine Delesse, de La Traduction anglaise d’Astérix (éd. Artois Presses Université).

4. Assurancetourix, ou l’art et la culture en question

« Assurancetourix, c’est le barde. Les opinions sur son talent sont partagées : lui, il trouve qu’il est génial, tous les autres pensent qu’il est innommable. Mais quand il ne dit rien, c’est un gai compagnon, fort apprécié… »

Des pouvoirs de divination des bardes gaulois, Assurancetourix n’a retenu que celui de deviner en 50 avant J.C. les tubes musicaux du 20e siècle : « Menhir montant » pour « Ménilmontant » de Trenet ; « Ma mère m’a dit, Assurancetourix va t’faire tresser les ch’veux » pour le hit d’Antoine ; « Je ne suis qu’un fils de petits Gaulois moyens » pour « Petite fille de Français moyens » de Sheila etc. Alors, Assurancetourix est-il un artiste raté (comme semblent en témoigner les coups de marteaux de Cétautomatix) ou un génie incompris ? Quels autres clins d’œil la BD réserve-t-elle à l’art ? Où l’on s’amusera à reconnaître, au détour de quelques planches, des tableaux de maîtres, de Bruegel l’Ancien, Rembrandt ou Géricault, et des hommages au cinéma, à commencer par le Cléopâtre de Mankiewicz. Mais derrière ces anecdotes, le rôle d’Assurancetourix ne serait-il pas plus substantiel : servir, à l’aide de sa voix innommable, de rempart à la barbarie, et incarner le rôle de bouc émissaire, nécessaire, si l’on en croit René Girard, à toute société pour se structurer ?

Invité :

Christian Moncelet. Professeur de langue et littérature à l’Université de Clermont-Ferrand, il est l’auteur, entre autres, de l’ouvrage Les Mots du comique et de l’humour (éd. Belin).

5. Obélix, ou petite psychanalyse de la BD.

« Obélix est l’inséparable ami d’Astérix. Livreur de menhirs de son état, grand amateur de sangliers et de belles bagarres. Obélix est prêt à tout abandonner pour suivre Astérix dans une nouvelle aventure. Il est accompagné par Idéfix, le seul chien écologiste connu, qui hurle de désespoir quand on abat un arbre. »

La première lettre de son nom résume à elle seule Obélix : il est rond comme la marmite de potion magique dans laquelle il est tombé petit. Les seules choses qui l’intéressent ? Rigoler, manger des sangliers et donner des baffes aux Romains. Obélix est un grand enfant et fait office de miroir à une société qui a donné toute sa place au mythe de l’enfant-roi. D’ailleurs Obélix ne se sent véritablement en concurrence qu’avec un seul personnage : Pépé, le seul « vrai » enfant de la série (Astérix en Hispanie). Obélix s’allongera donc sur le divan pour associer librement sur son attachement au monde de l’enfance et nous expliquer pourquoi la BD se structure autour de deux interdits, le sexe et la mort. Et bien d’autres choses encore, car avec ses tresses à nœuds et ses menhirs phalliques, Obélix a sûrement beaucoup à dire… Nous n’oublierons pas Idéfix, l’inséparable petit chien qui l’accompagne et qui hurle à la mort quand un arbre est déraciné...

Invité :

Nelly Feuerhahn. Chercheur au CNRS, elle est rédactrice en chef de la revue Humoresques. Elle a publié Le Comique et l’enfance (éd. Puf) et de nombreux articles sur Astérix qu’on peut retrouver dans deux ouvrages : Ils sont fous… d’Astérix, un mythe contemporain (éd. Albert-René) et Astérix, un mythe et ses figures (éd. Puf).

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18 octobre 2009

Astérix a 50 ans !

Créé par René Goscinny et Albert Uderzo et publié la première fois le 29 octobre 1959, Astérix est à la fois un acteur incontournable dans l’histoire de la BD et un personnage qui s’attache encore un public nombreux et un formidable succès commercial. Plus de 325 millions d’albums vendus ! Malgré le décès inopiné de René Goscinny en 1977, son succès ne s’est jamais démenti. Astérix est présent et apprécié dans 27 pays. Mieux qu’un phénomène, c’est un mythe.

La Première met à l’honneur l’irréductible Gaulois et tout son entourage dans une émission spéciale ce lundi. Véronique Thyberghien et Thierry Bellefroid vous proposent invités, archives, inédits, anecdotes les plus diverses et jettent un regard pétillant sur ces 50 ans d’aventures.

Thèmes abordés :
- Histoire de la BD Astérix
- Les personnages
- Les vérités historiques… ou pas !
- Portrait des auteurs
- L’influence d’Astérix dans le monde de la BD moderne
- Le développement médias : dessins animés, disque 33 tours et cinéma
- 50 ans ça se fête !

Les invités :
- Nicolas Rouvière, maître de conférence Astérix ou les lumières de la civilisation
- Tibet, dessinateur
- Dany, dessinateur
- Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier, BD Trolls de Troy
- Pierre Marlet, journaliste spécialiste d’Astérix
- Hugues Dayez, journaliste spécialiste cinéma et de Belvision

Cette émission a été diffusée le 05 octobre.

Première partie
Deuxième partie
Troisième et dernière partie

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25 juillet 2008

Mr Coyote au Parc Astérix

Voici des photos de ma visite au Parc Astérix en mai dernier. C'était de cadeau de Fête des mères de Madame avant qu'elle ne fasse partie des personnes sujettes aux restrictions d'accès aux attractions. J'avais déjà été au Parc il y a plusieurs années et j'ai quand même été assez déçu de certaines attractions où cela ne secoue plus vraiment et où cela ne fait plus toujours peur. Une bonne remise à jour s'impose donc. Comme vous le verrez plus bas, Le Défi de César était fermé. Le spectacle Main-Basse sur la Joconde n'a pas eu lieu. Par contre, coup de chapeau aux maîtres nageurs ; les dauphins ont fait quelques figures que je ne pourrai jamais faire moi-même. Et nous y sommes allés un mardi : pas de files, génial !












































Je ne connais pas ce gars mais il a insisté pour être sur la photo. Peut-être qu'un jour il passera ici.



























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07 janvier 2008

Goscinny sur France Culture

« Être calife à la place du calife », « Ils sont fous ces romains », « Il est tombé dedans quand il était petit », il tire plus vite que son ombre ». 30 ans après la mort de Goscinny, ces mots de ses héros sont devenus des proverbes et ses livres ont toujours autant de succès. Astérix et Obélix aiment toujours les sangliers, Le Petit Nicolas fait encore un tabac en librairie, Lucky Luke est toujours un cow-boy solitaire et l’abominable Iznogoud rêve encore de devenir calife. Personne en revanche n’a jamais remplacé celui grâce auquel des centaines de millions de lecteurs dans le monde entier ont découvert une autre façon d’écrire l’histoire de Bagdad à l’époque des Grands Vizirs, de l’Amérique des frères Dalton, ou de la résistance d’un village Gaulois dont les héros, inventés en 1959 par Goscinny, allaient faire de lui le plus grand scénariste français de la bande dessinée.

Invité : Pascal Ory, historien spécialiste d'histoire politique et culturelle du monde contemporain. Professeur à Paris I Panthéon-Sorbonne, auteur de plusieurs études sur la bande dessinée et critique au magazine Lire. Il présente son livre "Goscinny, la liberté d'en rire" aux Editions Perrin.

Téléchargez cette émission ici (26 MB)

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01 janvier 2008

Meilleurs voeux d'Astérix et Obélix

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07 novembre 2007

Mes figurines Astérix des Editions Atlas

Quelques photos valent mieux qu'un long discours. Voici les 70 personnages (plus Idéfix et le chaudron) et quelques scènes des Editions Atlas telles qu'exposées dans une de mes vitrines (celle de droite en fait), le tout de haut en bas et de gauche à droite.

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05 novembre 2007

René Goscinny, un écrivain à part entière

Trente ans après la mort de ce scénariste de l'esprit, la potion magique de ses récits n'a rien perdu de sa force ironique. Les légions de fans d'Astérix comptent 320 millions de comiques parlant cent vingt langues. Deux cents millions de pieds-tendres ont acheté les albums de Lucky Luke, qui dégaine ses exploits en quarante langues. Au total : plus d'un demi-milliard d'albums ! Goscinny peut aussi se targuer d'avoir attiré 14 millions et demi de spectateurs au cinéma avec Mission Cléopâtre, d'Alain Chabat (mieux que La Grande Vadrouille), en attendant les sorties du dessin animé Tous à l'Ouest. Une aventure de Lucky Luke, le 5 décembre, d'Astérix aux Jeux olympiques, le 30 janvier 2008 - avec Depardieu, Delon et... Zidane - et, enfin, d'un Petit Nicolas, en 2009. Un Petit Nicolas dont, justement, deux volumes d'histoires inédites se sont écoulés à 1 million d'exemplaires ces trois dernières années.

Goscinny est l'un des rares auteurs français du XXè siècle qui aura fait entrer autant d'expressions amusées dans le langage courant: «l'homme qui tire plus vite que son ombre», «être calife à la place du calife», ou le gimmick de ce grand nigaud d'Averell: «Quand est-ce qu'on mange?». Pascal Ory, qui vient de lui consacrer une biographie, ("La Liberté d'en rire" aux Editions Perrin), dit de lui qu'il «fut un artiste, un patron de presse, mais surtout un acteur majeur de la culture de masse.»

Extrait : "Tous ceux qui racontent leur première rencontre avec le jeune Goscinny, à l'époque où il n'est pas encore un humoriste quasi patenté, soulignent son talent comique. L'intéressé lui-même dira : « J'avais une bouille marrante, je n'avais pas de mal à m'attirer la sympathie de mes camarades. » Mais ce n'est pas qu'une question de bouille : « Quand j'étais petit, j'avais déjà envie de faire rigoler les gens. J'ai très vite mis au point la technique du mot d'enfant. » Le petit René monte avec ses camarades de collège des séances de guignol dont il écrit les textes, il rédige et illustre à lui tout seul un journal – « j'étais d'ailleurs assez seul à le lire aussi », ajoute-t-il malicieusement, mais il faut dire que cette malice, il peut se la permettre trente ans plus tard, au sommet de sa gloire. La clé, il est vrai, est ailleurs. « J'étais, en classe, un véritable guignol, précisera-t-il plus tard. Comme j'étais plutôt bon élève, on ne me renvoyait pas. » Il faut prendre garde à une telle phrase : on finirait presque par oublier qu'elle nous dit d'abord que René Goscinny fut un bon élève (deuxième prix d'excellence en classe de sixième, par exemple), celui qu'on voit à cinq ans, en février 1931, en culottes courtes mais déjà cravaté. Sur la photo de classe de 1935, au milieu de vingt-six Petits Nicolas vêtus de clair, en chemise ou en pull, il se détache par sa veste, ses couleurs sombres, ses longues chaussettes. Il ne fut jamais un de ces « cancres » dont raffole le mythe romantique ; simplement un bon élève fasciné par les cancres.

D'où, entre autres, l'importance de la compétence littéraire chez ce garçon qui croira, jusqu'à sa trentième année, que sa vocation est le dessin. Certes, les fils Goscinny ne boudent pas les plaisirs juvéniles de leur époque et de leur milieu. Ils vont au cinéma. A Buenos Aires, celui-ci est pour l'essentiel tourné vers l'usine à rêves hollywoodienne : la culture filmique de Goscinny sera essentiellement américaine, du western – son genre favori, façon Chevauchée fantastique – au burlesque façon Laurel et Hardy , le tout dominé par Walt Disney (Tex Avery interviendra sans doute plus tard, à New York principalement). Paradoxalement, c'est pourtant à Paris, auréolée du prestige de la métropole, de la capitale et des grands boulevards, qu'il découvre, en 1938, moment décisif pour sa vocation, le premier dessin animé long métrage et en couleurs, Blanche-Neige. Les « illustrés », comme on les appelle à l'époque, ne sont pas interdits par les parents, non plus que les albums, partagés entre Zig et Puce , d'Alain Saint-Ogan – auquel il rendra hommage plus tard –, les héros Offenstadt ( Bibi Fricotin mais surtout Les Pieds nickelés , dont il recopie intégralement un album, en 1938) et les versions françaises ou hispaniques des comics américains. Ajoutons-y, jamais cité car étrangère aux références des bédéphiles, la presse française pour adultes, où de nombreux dessinateurs « de presse » exercent leur talent, dont l'influence paraît sensible sur les premières productions du jeune homme. Aujourd'hui encore, le public argentin postule que Goscinny a nécessairement connu la série Patoruzu, de Dante Quinterno, mettant en scène deux héros qui évoquent irrépressiblement Astérix, et un mélange d'Obélix et d'Oumpah-Pah. "

Pourtant, les débuts furent difficiles. Après une jeunesse à Buenos Aires dans une famille juive, il part, en 1945, tenter sa chance à New York comme... dessinateur. Il dessinait des livres-puzzles et des illustrations en couleurs pour les livres d'enfants au studio d'Harvey Kurtzman, futur fondateur de la revue Mad. On l'oublie souvent, mais le plus célèbre scénariste du monde a essayé, dix ans durant, de s'imposer pinceau à la main, avec des séries oubliées comme Dick Dicks. La journée, le jeune René est comptable dans une fabrique de pneus; le soir, il fait la tournée des rédactions. Avec un succès tout relatif.

Le salut viendra de la Belgique. En 1952, il ébauchait sa première bande dessinée, dans La Libre Junior, le supplément jeunesse de La Libre Belgique. Discret, Goscinny écrit neuf albums de Lucky Luke avant que son nom apparaisse - enfin! - sur la couverture. C'est Morris qui signe les contrats et touche les royalties, dont il reverse, en catimini, un tiers à son ami René... Avec Uderzo, un jeune dessinateur italien rencontré en 1951, et Jean-Michel Charlier, futur scénariste de Blueberry, Goscinny fonde alors Edifrance, une agence qui fournit des bandes dessinées clefs en main, rémunérant ses créateurs sous forme de droits d'auteur: 50% pour le dessinateur, 50% pour le scénariste. Le père d'Astérix n'aura pas à le regretter...

L'année 1959 est particulièrement faste. Le 29 mars paraît, dans Sud-Ouest Dimanche, le premier épisode des Aventures du Petit Nicolas. En octobre, dans le n° 1 de Pilote, un petit Gaulois fait son apparition. «Tous les personnages, le petit guerrier, le livreur de menhirs, le chef, le barde et le druide ont été créés en deux heures, dans l'appartement d'Uderzo, à Bobigny», racontera Goscinny. Un jour, sa mère, qui, en bonne «mère juive», partage son appartement, lui demande: «Mais c'est qui, cet Astérix dont tout le monde parle?» Réponse du fils: «C'est celui qui nous permet de manger, maman.» En 1967, L'Express titrait: «Le phénomène Astérix». Découvrant cette Une, Hergé souffrira secrètement.

«Quand je rentrais de l'école, j'entendais le bruit de sa machine à écrire, mais j'avais interdiction absolue de pénétrer dans son bureau», se souvient sa fille, Anne. Toute sa vie durant, Goscinny tapera ses scénarios - sans la moindre rature - sur sa petite Royal Keystone ramenée des Etats-Unis. «Le rituel était toujours le même: la feuille blanche, le carbone et une feuille jaune, toujours dans cet ordre. Il les tapotait pour les mettre bien droites, souriant, comme s'il nouait sa serviette avant de se mettre à table», raconte son complice Pierre Tchernia, avec lequel il signera le film Le Viager. Posé sur la table, un réveil sonne pour lui indiquer qu'il doit changer de série: Astérix de 8 à 10 heures, Iznogoud (ou Lucky Luke), de 10 heures à midi, etc. Le reste du temps était consacré à d'autres séries : Strapontin, Monsieur Tric, Spaghetti, Modeste et Pompon, Prudence Petitpas, la Fée Aveline … A côté, sa mère tricote.

Le reste du temps, ce bourreau de travail dirige Pilote, fondé avec Uderzo et Charlier en 1959. Il donnera une seconde chance à Cabu et à Fred, victimes de l'interdiction de publication de Hara-Kiri, puis à Reiser et Gébé, ceux dont on ne pouvait pas prononcer le nom chez les éditeurs de magazines pour la jeunesse. Il prendra des décisions clés en révélant un camion de futurs grands de la bande dessinée contemporaine : Mézières, Mandryka, F'Murr, Pétillon, Druillet, Tardi, Solé, Bilal… ont pris leur envol chez Pilote. Il a signé les deux premières dames de la bande dessinée franco-belge, Bretécher et Goetzinger, et publié les premiers dessins de futurs réalisateurs, comme Patrice Leconte ou Terry Gilliam (Brazil). Porté par le succès d'Astérix, il va conquérir le droit de tout tenter sans devoir demander l'avis des lecteurs ni la permission de l'éditeur. Chez Pilote, il n'y aura jamais de referendum des héros ni de censure des auteurs. Avec son inamovible look de notaire de province - costume trois pièces Lanvin, pochette - cet homme émotif et corseté règne joyeusement sur sa petite troupe turbulente.

En mai 1968, les dessinateurs ont des rêves d'autogestion. Goscinny est convoqué dans un café de la rue des Pyramides. «Ce fut un procès stalinien», regrette Mandryka, créateur du Concombre masqué. «Ils ont tué le père! Ce patron était fragile, car c'était un artiste», tonne Druillet, qui lança son Lone Sloane dans Pilote. Plus rien ne sera comme avant. Dès lors, Goscinny surjoue son personnage de grand bourgeois de la bande dessinée: Mercedes avec chauffeur, déjeuners à la Tour d'argent, dîners chics dans son appartement du XVIe arrondissement...

Il fut «producteur culturel» avant tout le monde Même s'il continue ses séries phares, il s'éloigne imperceptiblement du 9e art. Fasciné par Blanche Neige dès sa sortie, en 1938, «Walt» Goscinny crée, avec Uderzo, les studios de dessins animés Idéfix, dont sortira, notamment, La Ballade des Dalton. Avec son ami Pierre Tchernia, il se lance dans le cinéma. Il rencontre même Louis de Funès, auquel il songe pour interpréter Iznogoud ou Astérix. «Avant tout le monde, il est devenu un ''producteur culturel'', s'investissant aussi bien dans la presse que dans la radio ou le cinéma. Comme Michel Audiard, il serait sans doute passé un jour ou l'autre à la réalisation», imagine Pascal Ory.

Il n'en aura pas le temps. En 1976, son épouse apprend qu'elle est atteinte d'un cancer. «Mon père l'accompagnait systématiquement aux séances de chimiothérapie, raconte Anne. Puis ils rentraient et ma mère s'enfermait dans la salle de bains pour vomir. Mon père était devant la porte et pleurait.» Professionnellement, Goscinny chamboule tout. Estimant ne pas percevoir suffisamment de droits étrangers, il assigne son ami et éditeur Georges Dargaud en justice. Et demande même à «Bébert» Uderzo de poser ses pinceaux à la 37e planche d'Astérix chez les Belges, en attendant que les tribunaux tranchent!

Et puis, l'année 1977. Il avait essuyé au début de l’année une affection, peut-être un zona, qui l’avait considérablement affaibli. Son moral était ruiné par le cancer de son épouse. Ses relations avec Georges Dargaud s’étaient envenimées au point qu’il avait décidé, de concert avec Albert Uderzo, de le quitter avec pertes et fracas, et que les deux hommes ne s’adressaient plus que des gracieusetés par huissier. L’été, il s’était rendu en famille à Jérusalem. Rentré à Paris, il se sentait épuisé. «Tout cela a évidemment pesé sur son état de santé», confie son ami le pédiatre Julien Cohen-Solal, avec lequel il marchait tous les dimanches matin au bois de Boulogne. Cet écorché vif, qui fume Pall Mall sur Pall Mall, est d'abord rattrapé par une angine de poitrine. Et puis vient ce maudit matin du 5 novembre 1977. René Goscinny quitte sa fille, Anne, 9 ans, par ces mots tendres : «A tout à l'heure, mon petit chat!». Il a rendez-vous pour un banal test d'effort prescrit par son médecin. Vers 10 heures, son chauffeur le dépose à la Clinique internationale du parc Monceau, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Il est accompagné de son épouse, Gilberte. Le cardiologue place des électrodes sur son torse. «Maintenant, pédalez, monsieur...» Alors, René Goscinny pédale. Après quelques instants, il lâche: «Docteur, j'ai mal au bras et je ressens une douleur à la poitrine... - Pédalez encore quinze secondes», répond le cardiologue. Ces quinze secondes vont durer l'éternité. Le patient s'effondre soudain. Gilberte le prend dans ses bras. Il est mort. Arrêt cardiaque. Il est 10 h 30. René Goscinny avait 51 ans.

Entre son premier aventurier, l'enfant-pirate Jehan Pistolet, et Valentin le Vagabond, l'antihéros ultime, René Goscinny a créé une galaxie de plus de 2.130 personnages et a marqué durablement l'identité culturelle française. Avant lui, le scénario de bande dessinée se confinait dans l'ombre du dessin. Il n'était que péripétie. Goscinny a montré la voie des chercheurs d'idées, imposant aux éditeurs une nouvelle philosophie selon laquelle « le scénario est plus important que le dessin ». Les magazines Tintin, Spirou, Paris-Flirt, Benjamin, Hérisson… ont porté sa griffe. Maître du jeu de mots et des détournements de sens, il trouve son style dans les coups de canif portés à la ligne bien-pensante et à la morale conservatrice des publications catholiques pour la jeunesse. Le rire n'est pas gratuit quand, sur la Piste des Daltons, Lucky Luke voit inscrit à l'entrée du cimetière : « Etranger, notre cimetière est plein d'étrangers ». Ou quand on entend dire dans les Gaulois d'Astérix : « Ils sont bêtes et je suis leur chef ». Chez Goscinny, le héros se sent toujours proche du citoyen, en bute aux technocrates, à l'autoritarisme et, surtout, à la méchanceté gratuite. «René Goscinny, écrivain», peut-on d'ailleurs lire sur sa tombe, à Nice. «Il a littéralement inventé le métier de scénariste de bande dessinée», affirme Pascal Ory.

Inépuisable chercheur de mots, Goscinny est encore l'auteur de chroniques décalées ou de nouvelles potaches. Son Petit Nicolas innovera en faisant grimacer le langage de tendresse enfantine. Cinq volumes seront publiés du vivant de l'auteur, illustrés par Sempé. Le quatrième, Le petit Nicolas et les copains, décrochera, dans la lignée d'Ionesco, le Prix Alphonse Allais. Les plus insolites de ses traits d'esprit, parus entre 1964 et 1976 dans le magazine Pilote, Le Figaro littéraire ou Paris Match n'avaient jamais été réédités. Le livre "Du Panthéon à Buenos Aires, chroniques illustrées" (Editions IMAV) en compile les plus détonants. Ces textes à la plume acérée ont un parfum de Dingodossiers ou de Rubrique-à-brac. Goscinny y cherche le rire et l'absurdité au coin de la rue, dans notre quotidien. Il s'amuse des déjeuners d'affaires, de la rumeur de bistrot ou de machine à café, du célibat, de l'arrogance patronale, de la vogue prémonitoire des régimes… et de sa propre mort « sur un caisson d'artillerie, recouvert par les plis glorieux du drapeau ». "Mon père était extrêmement ordonné. Il conservait sur papier pelure des doubles de tous ses textes tapés à la machine à écrire. J'ai simplement vérifié quelles chroniques avaient été publiées pour ne pas éditer quelque chose qu'il n'aurait pas voulu voir paraître. Et j'ai sélectionné les thèmes les plus intemporels. Tous ces textes sont basés sur le principe du billet d'humeur. C'est le regard porté qui les caractérise. Ils parlent de petites choses de tous les jours mais dont nous ne voyons pas nécessairement le côté comique ou dérisoire. Le point commun de toute son œuvre, c'est qu'il n'y a jamais eu un seul mort, sauf lui ! On peut donner des baffes aux Romains, couler les outlaws dans les plumes et le goudron mais pas se faire la guerre. Il a construit un univers idéal sans méchanceté, sans agressivité gratuite. Une vie pour rire…", témoigne sa fille Anne, qui protège l'oeuvre de son père. "Il était ouvert, libre, totalement ! Il n'allait jamais vers la facilité. Il prenait des risques artistiques et n'avait pas peur de ne pas être compris. C'est tout l'intérêt de ces chroniques, de révéler une facette peu connue de son œuvre, qui montre qu'il n'avait pas que des bulles en tête, que c'était un écrivain à part entière".

Cerise sur cette brioche de mots gourmands : la crème des dessinateurs de bande dessinée contemporains les illustre. Cabu, Zep, Gotlib, Druillet, Lauzier, Mézières, Giraud, Juillard, Tibet, Margerin, Barral, Mourier, Cestac, Tebo, Bertrand, Achdé, Boucq : tous se prêtent au jeu avec émotion.

D'après Le Soir et L'Express.

Ce jeudi, France 5 rediffuse le documentaire "René Goscinny : profession humoriste" à 20h41. Rediffusion la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 à 01h15.

Lire a édité un hors-série consacré au père d'Astérix. En vente en France au prix de 7,50 euros.

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21 octobre 2007

Hommage d'Uderzo à Hergé

On ne saura jamais qui d'Astérix ou de Tintin était le plus célèbre, on pourrait en débattre pendant des années. Mais dans Astérix chez les Belges, Uderzo faisait un clin d'oeil à Hergé.

 

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19 juillet 2007

Les figurines Astérix des Editions Atlas

En 2001, les Editions Atlas ont sorti une série de 70 figurines sur les célèbres Gaulois. On y retrouve bien sûr les habitants de ce célèbre village mais aussi des centurions romains, Cléopâtre, les Egyptiens et la plupart des personnages rencontrés au cours de ces péripéties. Un tout grand merci aux Zamignoufs et à Jicébédéhix. Le chaudron offert aux abonnés Les scènes réserrvées aux abonnés par courtage Toutes les scènes ne se trouvent pas en photo ici. Les Zamignoufs, le site de kis90bd et de Toutou90.

Posté par mrcoyote à 21:32 - 41 Astérix - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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