04 septembre 2007
DVD Looney Tunes - série 3

Ce troisième coffret collector des Looney Tunes, sorti aux Etats-Unis le 25 octobre 2005, est toujours inédit en Europe. Il comprend plusieurs cartoons en noir et blanc ou produits avant la seconde guerre mondiale, avant donc que les toons aient leur forme définitive. Il s'agit, en partie, de cartoons rarement diffusés à la télévision. Un coffret certainement moins commercial s'il venait à être commercialisé en Europe mais un régal pour les amateurs et les collectionneurs. Les bonus n'ont pas été traduits en français.
A. Bugs Bunny Classics
- Hare Force, avec Bugs Bunny (Lapin chasseur, 1944)
- Hare Remover, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (L'élixir d'Elmer, 1946)
- Hare Tonic, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (La lapinomalose, 1945)
- A Hare Grows in Manhattan, avec Bugs Bunny et Spike (Un lapin à Manhattan, 1947)
- Easter Yeggs, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Un volontaire pour les oeufs de Pâques, 1947)
- The Wabbit Who Came to Supper, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Un lapin pour le dîner, 1942)
- Bowery Bugs, avec Bugs Bunny et Steve Brody (La tragédie du bonheur, 1949)
- Homeless Hare, avec Bugs Bunny (Sans terrier fixe, 1950)
- The Case of the Missing Hare, avec Bugs Bunny et Ali Bama (Le chapeau magique, 1942)
- Acrobatty Bunny, avec Bugs Bunny (L'acrobate, 1946)
- Wackiki Wabbit, avec Bugs Bunny (Wackiki wabbit, 1943)
- Hare Do, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Le spectacle va commencer, 1949)
- Rebel Rabbit, avec Bugs Bunny (Le rebelle, 1949)
- Hillbilly Hare, avec Bugs Bunny, Curt Martin et Pumpkinhead (Venez guincher chez Bunny, 1950)
- Duck! Rabbit! Duck!, avec Bugs Bunny, Daffy Duck et Elmer Fudd (Qui va à la chasse, 1953)
Bonus :
- Behind the Tunes : A Hunting We Will Go : Chuck Jones'Wabbit Season Twilogy
- Chuck Amuck
- The Bugs Bunny Show Vaults : The Honey Mousers (Bridging Sequences), Ball Point Puns (Audio Recording Session)
B. Hollywood Caricatures and Parodies
- Daffy Duck in Hollywood, avec Daffy Duck (Daffy à Hollywood, 1938)
- Hollywood Capers, avec Beans (Le gaffeur d'Hollywood, 1935)
- The Coo-Coo Nut Grove (Une nuit sous les palmiers, 1936)
- Porky's Road Race, avec Porky Pig (La course de Porky, 1937)
- The Woods Are Full of Cuckoos (Les bois sont pleins de coucous, 1937)
- She Was an Acrobat's Daughter (C'était la fille d'un acrobate, 1937)
- The Film Fan, avec Porky Pig (Le cinéphile, 1939)
- Speakin' of the Weather (Non, ce n'est pas la pluie, 1937)
- Thugs with Dirty Mugs, avec Edward G. Robbemsome (Le crime ne paie pas, 1939)
- Goofy Groceries, avec Jack Bunny (Une épicerie fine, 1941)
- Swooner Crooner, avec Porky Pig (A chacun son crooner, 1944)
- Wideo Wabbit, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Un lapin cabot, 1956)
- The Honey-Mousers (Une femme de caractère, 1956)
- The Last Hungry Cat, avec Titi et Sylvestre (La fin du félin, 1961)
- The Mouse That Jack Built, avec Jack Benny (Dans la peau d'une souris, 1959)
Bonus :
- Behind the Tunes : Bosko, buddy and the best of black and white
- Behind the Tunes : Fine Tooning, restoring the WB Cartoons
- What's up, Doc ? A Salute to Bugs Bunny (partie 1)
- From the vault : "Sinkin' in the Bathtub" (le tout premier cartoons des Looney Tunes, 1930)
- From the vault : "It's Got Me Again" (le premier cartoon des studios Warner Bros à être nominé aux Academy Awards, 1932. La reseemblance à Mickey y est très forte)
C. Porky and the Pigs
- I Haven't Got a Hat, avec Porky Pig, Mademoiselle Vachette et Crapule (Beans), Jean-Louis Bou (Oliver Owl), Castor (Ham) et Pollux (Ex) (Je n'ai pas de chapeau, 1935)
- Porky's Romance, avec Porky Pig et Petunia (Porky amoureux, 1937)
- Porky's Party, avec Porky Pig (L'anniversaire de Porky, 1938)
- Porky in Egypt, avec Porky Pig et Humpty Bumpty (Porky en Egypte, 1938)
- Porky and Teabiscuit, avec Porky Pig (Porky et Teabiscuit, 1939)
- Pigs Is Pigs, avec Piggy (Quel cochon !, 1936)
- Pigs in a Polka (La polka des pourceaux, 1942)
- Porky Pig's Feat, avec Porky Pig et Daffy Duck (Porky à l'hôtel, 1943)
- Daffy Duck Slept Here, avec Porky Pig, Daffy Duck (Daffy a dormi là, 1948)
- Bye, Bye Bluebeard, avec Porky Pig et Barbe-Bleue (Adieu Barbe-Bleue, 1949)
- An Egg Scramble, avec Porky Pig et Prissy (La course à l'oeuf, 1950)
- Robin Hood Daffy, avec Daffy Duck et Porky Pig (Daffy des bois, 1958)
- The Windblown Hare, avec Bugs Bunny et le grand méchant loup (Un lapin dans le vent, 1949)
- Claws for Alarm, avec Porky Pig et Sylvestre (Bas les pattes, 1954)
- Rocket Squad, avec Daffy Duck, Porky Pig (La patrouille de l'espace, 1956)
Bonus :
- Behind the Tunes : Tish Tash, the animated world of Frank Tashlin
- Behind the Tunes : What's up doc? A Salute to Bugs Bunny (partie 2)
- From the Vault : Porky's Party Storyboard Reel
- From the Vault : Point Rationing of Foods
- From the Vault : The Bear That Wasn't
D. All Stars Cartoon Party
- Daffy Duck and the Dinosaur, avec Daffy Duck et Casper (Casper Caveman) (Daffy et le dinosaure, 1939)
- Super Rabbit, avec Bugs Bunny et Smith la menace (Cottontail Smith) (Superlapin, 1943)
- Daffy Duck and Egghead, avec Daffy Duck et Egghead (Daffy et l'apprenti chasseur, 1938)
- A Gruesome Twosome, avec Titi (Deux 'ros minets romantiques, 1945)
- Draftee Daffy, avec Daffy Duck (Daffy recruté, 1945)
- Falling Hare, avec Bugs Bunny (Lapin et lutin, 1943)
- Steel Wool, avec Ralph Wolf et Sam le chien de berger (Un clos harassant, 1957)
- Birds Anonymous, avec Titi et Sylvestre (Les mangeurs d'oiseaux anonymes, 1957)
- No Barking, avec Claude le chat et Charlie le chien (La proie du plus fort, 1954)
- Rabbit Punch, avec Bugs Bunny et Crusher (Un lapin qui a du punch, 1948)
- An Itch in Time, avec Elmer Fudd et Monsieur Puce (A. Flea) (Je n'ai que du poil à gratter, 1943)
- Odor-able Kitty, avec Hector, Pépé le putois (C'est le bouquet, 1945)
- Walky Talky Hawky, avec Charlie le coq et Henry le faucon (Un drôle de poulet, 1946)
- Gonzales Tamales, avec Speedy Gonzales et Sylvestre (Les prouesses de Gonzales, 1957)
- To Beep or Not to Beep, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Mon royaume pour un bip-bip, 1963)
Bonus :
- "Philbert" - un épisode pilote de 1963
- Behind the Tunes : Looney Tunes Go to War!
- Behind the Tunes : Strictly for the Birds, Tweety and Sylvester's Award-winning Team up
- Behind the Tunes : The Charm of Stink, on the Scent of Pepe le Pew
- From the Vault : Falling Hare
- From the Vault : Private Snafu : Spies, Rumors, Snafuperman
01 septembre 2007
DVD Looney Tunes - série 2

A. Bugs Bunny
- The Big Snooze, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Le contrat !, 1946)
- Broom-Stick Bunny, avec Bugs Bunny et la sorcière Hazel (Carottes et malédiction, 1956)
- Bugs Bunny Rides Again, avec Bugs Bunny et Sam le pirate (Poker d'As pour Bugs Bunny, 1948)
- Bunny Hugged, avec Bugs Bunny et Crusher (Champion de catch, 1951)
- French Rarebit, avec Bugs Bunny et les cuisiniers Louis et Francois (Lapin à la française, 1951)
- Gorilla My Dreams, avec Bugs Bunny et l'horrible Gorilla (Le singe d'une nuit d'été, 1948)
- The Hare-Brained Hypnotist, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (La traque hypnotique, 1942)
- Hare Conditioned, avec Bugs Bunny (Empaillé, moi jamais !, 1945)
- The Heckling Hare, avec Bugs Bunny et Willoughby (Une vie de lapin, 1941)
- Little Red Riding Rabbit, avec Bugs Bunny et le grand méchant loup (Un chaperon rouge pot de colle, 1944)
- Tortoise Beats Hare, avec Bugs Bunny et Cecil la tortue (La tortue bat le lièvre, 1941)
- Rabbit Transit, avec Bugs Bunny et Cecil la tortue (Que le meilleur perde, 1947)
- Slick Hare, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Ruse de lapin, 1947)
- Baby Buggy Bunny, avec Bugs Bunny et Baby-Faced Finster (Bébé la terreur, 1954)
- Hyde and Hare, avec Bugs Bunny et le Dr. Jekyll (Dr Bunny and Mr Bugs, 1955)
Bonus :
- A Conversation With Tex Avery
- The Bugs Bunny/Looney Tunes 50th Anniversary Special: Part 1
- From the Vaults: The Bugs Bunny Show: "Do or Diet" bridging sequences; "No Business Like Slow Business" audio recording sessions with Mel Blanc
B. Bip-Bip, Coyote et leurs amis
- Beep, Beep!, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Beep, beep, 1952)
- Going! Going! Gosh!, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Poursuite et fin, 1952)
- Zipping Along, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Coyote fend l'air, 1953)
- Stop, Look, and Hasten, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Abus dangereux, 1954)
- Ready, Set, Zoom!, avec Bip-Bip et Vil Coyote (A vos marques, prêts... pfiou, 1955)
- Guided Muscle, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Fuselage de pierre, 1955)
- Gee Whiz-z-z-z!, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Vrroum, 1956)
- There They Go-Go-Go!, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Les voilà repartis, 1956)
- Scrambled Aches, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Omelettes aux gnons, 1957)
- Zoom and Bored, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Prenez-en de la graine, 1957)
- Whoa Be-Gone!, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Et que ça saute !, 1958)
- Cheese Chasers, avec Claude le chat, Hubie et Bertie (Ca tourne pas rond, 1951)
- The Dover Boys at Pimento University or 'The Rivals of Roquefort Hall'" (Les Tartempion à l'université, 1942)
- Mouse Wreckers, avec Claude le chat, Hubie et Bertie (Chats... lucinations, 1948)
- A Bear For Punishment, avec les 3 Ours (La fête des pères, 1951)
Bonus :
- "The Adventures of the Road Runner", cartoon pilote pour la télévision de 1962
- Behind-the-Tunes: Crash! Bang! Boom!: The Wild Sounds of Treg Brown
- The Bugs Bunny/Road Runner Show, générique de début
C. Titi, Grosminet et leurs amis
- Bad Ol' Putty Tat, avec Sylvestre et Titi (Vilain Grosminet !, 1949)
- All Abir-r-rd, avec Sylvestre et Titi (Une bataille très duraille, 1950)
- Room and Bird, avec Sylvestre et Titi (Pension complète, 1951)
- Tweet Tweet Tweety, avec Sylvestre et Titi (Titi espèce protégée, 1951)
- Gift Wrapped, avec Sylvestre, Titi, Mémé et Hector (Le paquet cadeau, 1952)
- Ain't She Tweet, avec Sylvestre, Titi et Mémé (Attention, chiens méchants, 1952)
- A Bird in a Guilty Cage, avec Sylvestre et Titi (Une cage dorée, 1952)
- Snow Business, avec Sylvestre et Titi (Qu'importe le flocon, 1953)
- Tweetie Pie, avec Sylvestre et Titi (Le repas est servi, 1947)
- Kitty Kornered, avec Porky Pig et Sylvester (Toutes griffes dehors, 1946)
- Baby Bottleneck, avec Daffy Duck et Porky Pig (Biberons et confusions, 1946)
- Old Glory, avec Porky Pig (Gloire d'antan, 1939)
- The Great Piggy Bank Robbery, avec Daffy Duck (Tire-lire à tire-larigot, 1946)
- Duck Soup to Nuts, avec Daffy Duck et Porky Pig (Chasse en cours, 1944)
- Porky in Wackyland, avec Porky Pig (Porky à Zinzinville (noir & blanc), 1938)
Bonus :
- Behind-the-Tunes: The Man From Wackyland: The Art of Bob Clampett
- Bonus cartoon: "Daffy Duck For President" (Daffy Duck; 2004)
- The Bugs Bunny/Looney Tunes 50th Anniversary Special: Part 2
- The Bugs Bunny & Tweety Show 1988 and 1992 opening title sequences
D. Les stars
- Back Alley Op-Roar, avec Sylvestre et Elmer Fudd (Méli-mélodrame, 1948)
- Book Revue, avec Daffy Duck (La revue littéraire, 1946)
- A Corny Concerto, avec Bugs Bunny, Elmer Fudd et Porky Pig (Le rendez-vous des mélomanes, 1943)
- Have You Got Any Castles? (Les rois du swing, 1938)
- Hollywood Steps Out (Une soirée hollywoodienne, 1941)
- I Love to Singa, avec Owl Jolson (Fou de Jazz, 1936)
- Katnip Kollege, avec Johnny Cat (Chantons à l'école, 1938)
- The Hep Cat (Le chat de ces dames, 1942)
- The Three Little Bops, avec le grand méchant loup (Les trois petits bip-bop, 1957)
- One Froggy Evening, avec Michigan J. Frogg (La légende du ténor grenouille, 1955)
- Rhapsody Rabbit, avec Bugs Bunny (Rapsodie à quatre mains, 1946)
- Show Biz Bugs, avec Bugs Bunny et Daffy Duck (Daffy Duck super star, 1957)
- Stage Door Cartoon, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (L'entrée des artistes, 1944)
- What's Opera, Doc?, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Quel opéra, docteur ?, 1957)
- You Ought to Be in Pictures, avec Daffy Duck et Porky Pig (Vous devriez faire du cinéma, 1940)
Bonus :
- Behind-the-Tunes: Looney Tunes Go Hollywood; It Hopped One Night: A Look at "One Froggy Evening"; Wagnerian Wabbit: The Making of "What's Opera, Doc?"
- From the Vaults: "Orange Blossoms For Violet (1952), "So Much For So Little" (1949)
Ce deuxième coffret de cartoons est sorti aux Etats-Unis en novembre 2004 et en Europe l'année suivante.
18 août 2007
DVD Looney Tunes - série 1
Après avoir édité pendant des années des VHS et ensuite des DVD sans aucune logique si ce n'est commerciale, la Warner a décidé d'éditer les quelques 1100 cartoons "Looney Tunes" et "Merrie Melodies" sous la forme de collection DVD. Il s'agit ici de versions restaurées. Au rythme de 60 cartoons par an, c'est aussi un travail qui devrait durer 18 ans.
Aux Etats-Unis, la Golden Collection comporte les 4 DVD tandis que la Premiere Collection ne comprend que les 2 premiers. En Europe, les DVD ont été vendus séparément.
Voici les détails de la série 1 sortie fin 2003.
Les meilleures aventures de Bugs Bunny (14 cartoons) :
- Baseball Bugs, avec Bugs Bunny (Le match de base-ball, 1946)
- Rabbit Seasoning, avec Bugs Bunny, Daffy Duck et Elmer Fudd (Conflit de canard, 1952)
- Long-haired Hare, avec Bugs Bunny (Bugs Bunny casse-noisettes, 1949)
- High Diving Hare, avec Bugs Bunny et Sam le Pirate (Saute qui peut !, 1949)
- Bully for Bugs, avec Bugs Bunny (Bunny toréador, 1953)
- What's up Doc ?, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Un lapin à succès, 1950)
- Rabbit's Kin, avec Bugs Bunny et Peter le Puma (Un puma bien frappé, 1952)
- Water, Water every Hare, avec Bugs Bunny et Gossamer (Le docteur abuse, 1952)
- Big House Bunny, avec Bugs Bunny et Sam le Pirate (Le lapin est en prison, 1950)
- Big Top Bunny, avec Bugs Bunny (Bugs Bunny fait son cirque, 1951)
- My Bunny Lies over the Sea, avec Bugs Bunny (Docteur en kilt et Mister Bugs, 1948)
- Wabbit Twouble, avec Bugs Bunny (Un coin paisible, 1941)
- Ballot Box Bunny, avec Bugs Bunny et Sam le Pirate (A vote bon coeur, 1951)
- Rabbit of Seville, avec Bugs Bunny et Elmer Fudd (Le clapier de Séville, 1950)
Bonus :
- Bugs : A Rabbit for all Seasonings
- Short Fuse Shootout : The Small Tal of Yosemite Sam
- Forever Befuddled
- Bugs Bunny au cinéma : Two Guys from Texas, My Dream is Yours
- Bugs Bunny fait son show : A Star Is Bored (Bridging Sequences), The Astro Nuts (Audio recording session)
- Blooper Bunny : Bugs Bunny's 51 1/2th Anniversary
Les meilleures aventures de Daffy Duck & Porky Pig (14 cartoons) :
- Duck Amuck, avec Daffy Duck et Bugs Bunny (Farce au canard, 1953)
- Dough for the Do-Do, avec Porky Pig et Do-Do (A la recherche du Do-Do perdu, 1949)
- Drip-along Daffy, avec Daffy Duck et Porky Pig (Daffy la terreur, 1951)
- Scaredy Cat, avec Porky Pig, Sylvestre, Hubie et Bertie (Le charivari du chat viré, 1948)
- The Ducksters, avec Porky Pig et Daffy Duck (Questions pour un cochon, 1950)
- The Scarlet Pumpernickel, avec Daffy Duck, Porky Pig, Sylvestre et Papa Ours (Le Mouron Rouge, 1950)
- Yankee Doodle Daffy, avec Daffy Duck et Porky Pig (Daffy impresario, nommé Daffy refait l'histoire sur le DVD, 1943)
- Porky Chops, avec Porky Pig (L'écureuil et le bûcheron, 1949)
- The Wearing of the Grin, avec Porky Pig et O'Pat et O'Mike les Leprechauns (Le château hanté, 1951)
- Deduce, you say, avec Daffy Duck et Porky Pig (Elémentaire, mon cher, 1956)
- Boobs in the Woods, avec Daffy Duck et Porky Pig (Un canard dans le moteur, 1950)
- Golden Yeggs, avec Daffy Duck, Porky Pig, Rocky et Mugsy (Histoire d'oeuf, 1950)
- Rabbit Fire, avec Bugs Bunny, Daffy Duck et Elmer Fudd (Chassé-croisé, 1951)
- Duck Dodgers in the 24 1/2th Century, avec Daffy Duck, Dr. Q.I., Porky Pig et Marvin le martien (Daff Dodgers au 24ème siècle et des poussières, 1953)
Bonus :
- Hard Luck Duck
- Porky Pig Roast : A Tribute to the World's Most Famous Ham
- Animal Quackers
Tes héros préférés - volume 1 (14 cartoons) :
- Elmer's Candid Camera, avec Elmer Fudd et Bugs Bunny (Elmer, apprenti photographe, 1940)
- Bugs Bunny and the three Bears, avec Bugs Bunny et les 3 Ours (Bugs Bunny et les trois ours, 1944)
- Fast and Furry-ous, avec Bip-Bip et Vil Coyote (Vite fait, mal fait, 1949)
- Hair-rising Hare, avec Bugs Bunny et Gossamer (Dîner de monstres, 1946)
- The Awful Orphan, avec Porky Pig et Charlie le chien (L'orphelin fêlé, 1949)
- Haredevil Hare, avec Bugs Bunny, Marvin le martien et K-9 (Voyage organisé, 1948)
- For Scent-imental Reasons, avec Pépé le putois et Pénélope la chatte (Relent d'amour, 1949)
- Frigid Hare, avec Bugs Bunny et Pinguin Playboy (Escapade polaire, 1949)
- The Hypo-chondri-cat, avec Hubie, Bertie, Claude le chat (Malade comme un chat, 1950)
- Baton Bunny, avec Bugs Bunny (Bunny chef d'orchestre, 1959)
- Feed the kitty, avec Marc Antoine et Pussyfoot (Un gros dur au coeur tendre, 1952)
- Don't Give up the Sheep, avec Sam le chien de berger et Ralph (Un coyote dans la bergerie, 1953)
- Bugs Bunny Gets the Boid, avec Bugs Bunny (Bébé busard s'en va chasser, 1942)
- Tortoise Wins by a Hare, avec Bugs Bunny et Cecil la Tortue (Le lièvre et la tortue, 1943)
Bonus :
- Behind the Tunes : Too Fast, Too Furry-ous
- Behind the Tunes : Blanc Expressions
- Behind the Tunes : Merrie Melodies, Carl Stalling and Cartoon Music
- Toonheads : The Lost Cartoons (dont "Lady, Play Your Mandolin", des extraits de "Private Snafu", "So Much for So Little" et "Drafty, Isn't It?" et un extrait de "Adventures of Road Runner"
Tes héros préférés volume 2 (14 cartoons) :
- Canary Row, avec Sylvestre, Titi et Mémé (C'est pas gagné !, 1950)
- Bunker Hill Bunny, avec Bugs Bunny et Sam le pirate (A la guerre comme à la guerre, 1950)
- Kit for Cat, avec Sylvestre et Elmer Fudd (Vilains félins, 1948)
- Putty Tat Trouble, avec Titi et Sylvestre (Troubles en double, 1951)
- Bugs and Thughs, avec Bugs Bunny, Rocky et Mugsy (Bugs et les bandits, 1954)
- Canned Feud, avec Sylvestre (Mise en boîte, 1951)
- Lumber Jerks, avec Mac et Tosh (Beaucoup de bois pour rien, 1955)
- Speedy Gonzales, avec Speedy Gonzales et Sylvestre (Speedy Gonzales, 1955)
- Tweety's S.O.S., avec Sylvestre, Titi et Mémé (Un Grosminet à la mer, 1951)
- The Foghorn Leghorn, avec Charlie le coq et Henry le faucon (Charlie le coq et Henry le faucon, 1948)
- Daffy Duck Hunt, avec Daffy Duck, le chien de basse-cour et Elmer Fudd (Un canard complètement givré, 1949)
- Early to Bet, avec Hector (La puce parieuse, 1951)
- Broken Leghorn, avec Charlie le coq et Prissy (Combat de coqs, 1959)
- Devil May Hare, avec Bugs Bunny, Cecil la Tortue, She-Devil et Taz (Le diable au corps, 1954)
Bonus :
- Behind the Tunes : Needy for Speedy
- Behind the Tunes : Putty Problems and Canary Rows
- Behind the Tunes : Southern Pride Chicken
- Bosko, the Talk-ink Kid
12 août 2007
Tous les Mickeys du monde sur France Inter
Les Simpsons, Bugs Bunny, les Shadocks, Wallace et Gromit...
Si le cinéma d’animation a acquis sa popularité grâce au regard visionnaire de Walt Disney, nombreux sont les personnages issus d’autres studios et créateurs qui ont rencontré un succès public.
Alors que le dessin animé connaît une nouvelle jeunesse, un nombre inédit de longs métrages, et maintenant un prix au Festival de Cannes pour Persépolis, Laurent Valière présente chaque semaine un de ces héros alternatifs.
De leur genèse à leur 1ère bouille, en passant par leur évolution, le contexte dans lequel ils sont nés et leur créateur, souvent un solitaire qui soudain voit l’un de ses personnages lui échapper...
L’émission, comme un dessin animé, enrichie d’extraits et musiques évocatrices, est agrémentée d’interviews d’auteurs, de spécialistes et/ou de collaborateurs des séries (doubleurs, musiciens…).
La grande histoire du cinéma d’animation par le petit bout de la lorgnette.
Laurent Valière
Reporter à France Bleu Ile de France, journaliste, spécialisé dans le cinéma d’animation. Chroniqueur pour France Culture et producteur de documentaires sur le cinéma.
C’est une émission qui court tout l’été, tous les samedis, jusqu’au 1er septembre, de 21 h à 22 h sur France Inter. Elle est produite et présentée par Laurent Valière et réalisée par Ludivine Amado.
Première partie : samedi 4 août 2007 : Betty Boop
Betty Boop apparait pour la première fois le 9 août 1930 dans le 8e film de la série des "Talkartoons". Elle devient si vite populaire, que le 12 août 1932, la série est rebaptisée : Betty Boop Cartoon.
Rencontre avec des dessinateurs, historiens de l’animation, spécialistes, … pour découvrir l’origine de la série, les dessous techniques du dessin animé, la naissance de l’héroïne, sex-symbole de l’âge d’or de l’animation américaine.
Programmation musicale :
- Helen Kane : "That's my weakness now"
- Maurice Chevalier : "Hello beautiful"
- Cab Calloway : "Saint James Infirmary"
Télécharger le fichier mp3 de la première partie (52 MB)
Deuxième partie : samedi 11 août 2007 : Les Simpsons
Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie Simpson apparaissent la première fois le 19 avril 1987. Ce sont des intermèdes de 20 secondes avant et après les publicités d'un show américain. Ils ne savent pas encore qu'ils deviendront la série de dessin animé la plus longue et la plus populaire. Avec les interventions de Matt Groening, leur créateur, Al Jean, scénariste et producteur, Philippe Peythieu et Véronique Augereau, les voix de Homer et Marge, et Olivier Cotte, historien du film d’animation.
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Troisième partie : samedi 18 août 2007 : Les Shadoks
Avec les voix de Jacques Rouxel, Claude Piéplu, Marcelle Ponti-Rouxel et Robert Cohen-Solal, compositeur de la bande sonore de la série.
Télécharger le fichier mp3 de la troisième partie en 320k (129 MB) ou en 128k (52 MB)
Quatrième partie : samedi 25 août 2007 : Wallace et Gromit
Avec Nick Park, le créateur de Wallace et Gromit, Peter Lord, co fondateur de Aardman productions, producteur entre autres de Wallace et Gromit, Guionne Leroy, animatrice de films d'animation en pâte à modeler et chef animatrice du long métrage "Max And Co" qui sortira en février 2008, Philippe Moins, spécialiste de films d'animation, directeur du festival "Anima" à Bruxelles, et auteur des "Maitres de la Pate" aux éditions Dreamland.
programmation musicale
- > Nina Simone. : "My baby don't care for me"
- > Elton John : "Solar Prestige a gammon"
- > The Beatles : "All you need is love"
Télécharger le fichier mp3 de la quatrième partie en 320k (129 MB) ou en 128k (51 MB)
Cinquième et dernière partie: samedi le 1er septembre 2007. Bugs Bunny
Né en 1940, en pleine guerre mondiale, dans un dessin animé réalisé par Tex Avery, Bugs Bunny est le « Wild Hare ». Pour la 1ère fois, un lapin de dessin animé se voit doté d'une personnalité forte et frondeuse, inspirée par Groucho Marx. Tex Avery ...
avec : Tex Avery, Olivier Cotte, Patrick Brion, Michael Maltese
Télécharger le fichier mp3 de la cinquième partie en 320k (129 MB) ou en 128k (51 MB)
Voilà, c'est fini. N'hésite pas à laisser un commentaire ...
04 août 2007
Chuck Jones, créateur de Wile E. Coyote et Beep-Beep
Chuck Jones (Charles M. Jones), le dernier des grands ténors warnériens du cartoon hollywoodien, est né le 21 septembre 1912 à Spokane dans l’Etat de Washington. Il a grandi à Hollywood, où, figurant dans des films de Mack Sennett, il s’est frotté très tôt à l’art de la comédie de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton, qu’il observait sur les plateaux. «Le muet était une excellente école. J’y ai appris des tas de choses : le rythme, l’expression du visage».
Formé au Chouinard Art Institute, il exerça divers métiers au moment de la dépression économique (marin, portraitiste, cow-boy, marionnettiste). En 1932, Il a vingt ans lorsqu’il décroche son premier boulot dans l’animation chez Ub Iwerks, premier associé de Walt Disney. L’industrie du dessin animé est alors en plein âge d’or. Chuck fait ses débuts ... en nettoyant les cellos. Sur ces feuilles transparentes sont dessinées les différentes pauses des personnages. En les effaçant, Jones décrypte les codes du métier. Chuck Jones claque la porte des studios Disney où il travaillait à un peu tout. Les manières dictatoriales de Walt le débectent, Chuck n’est pas fait pour créer des Bambi et de l’émotion de glycérine. Chuck préférera toujours la nitro-glycérine ! De plus, les studios Disney le soupçonnent avec raison de créer en catimini, avec quelques contestataires de l’équipe, des films où Mickey et Minnie se livrent à des ébats sexuels impressionnants !
En 1936, il devient dessinateur au Leon Schlesinger Studio, qui sera bientôt racheté par la Warner. Là, il rejoint l’unité de production de Tex Avery au sein de l’équipe des Merrie Melodies, puis des Looney Tunes. Il y est l’assistant du maître Tex Avery, star du déjantage animé, et grimpa rapidement les échelons (tant dans la création que dans la dynamisation des personnages et dans la mise en scène). Le studio fournit alors une trentaine de dessins animés par an à la Warner Bros., diffusés en avant-programme des films. Chuck Jones participe à la création collective, avec Avery, Bob Clampett, Fritz Freleng, Bob Cannon, Ben Hardaway, Mel Blanc («l'homme aux mille voix » qui fut la voix originale de la plupart des vedettes maison), le musicien Carl Stalling et moult maquettistes et cartoonistes, comme Frank Tashlin (dit «Tish Tash»), du lièvre Bugs Bunny et du canard Daffy Duck, deux personnages rouscailleurs, l’un impassible et dérangeant comme Groucho Marx, l’autre râleur et hyponcondriaque tel W.C. Fields.
Chuck et ses amis étaient des anars, des rigolos contestataires. Et pouvaient se le permettre parce que doués d’un talent immense dont les vagues se font encore ressentir aujourd’hui. Ces « fantaisistes » étaient aussi des bourreaux de travail : chaque petit film nécessitait six mois de boulot, un budget de 20.000 dollars de l’époque et environ dix mille dessins ! «Faute d’avoir le temps d’expérimenter comme chez Disney, on oeuvrait à la cadence d’un film toutes les cinq semaines». C’est sans conteste le marathonien Chuck Jones qui fit la plus longue carrière à la Warner, des années 30 aux années 60, en produisant une dizaine de cartoons par an.
En 1937, il réalise son premier dessin animé, The Night Watchman, qui est distribué en 1938. Cinq mille dessins sont réunis pour ce film de six minutes. L’année suivante, il anime Daffy Duck dans Robin Hood makes Good. La recette de son humour s’y affirme. Dans une séquence restée célèbre, Daffy-Robin des bois saute d’un arbre à l’autre en s’accrochant à une liane. «Parbleu ! En avant !»´ crie-t-il ... avant de se ramasser sur le tronc d’un arbre. Il remet ça ... et se prend un nouveau tronc. Et rebelote cinq fois.
Dans Prest-O Chang-O (1939), Jones imagine un lapin muet qui tourne un chien en bourrique avec des tours de magie. Le succès du personnage incite Tex Avery à le développer l’année suivante en lui donnant la parole, un nom et une répartie, What’s up, Doc? (Quoi d’neuf, docteur ?). Bugs Bunny est né.
En quatre films, Chuck Jones s’impose. En 1940, il crée Elmer Fudd, le chasseur bègue. En 1945, c’est Pépé le putois (Pepe le Pew, en anglais, with a french accent, Mademoiselle !, un putois perpétuellement en quête de bonnes fortunes, nanti de surcroît d’un accent français) qui lui vaut un premier Oscar en 1949. En 1948, c’est Marvin le Martien. Chuck Jones créera personnellement le pirate furibard Yosemite Sam, le diable de Tasmanie hurleur, le gentillet Sniffles (un rongeur renifleur), le cochon Porky, que l’on retrouvera bien plus tard aux côtés du canard postillonneur Daffy Duck dans les aventures de Duck Dodgers, et le chat de gouttière Sylvestre.
Il donna aussi les meilleurs rôles au lapin lunatique Bugs Bunny pastichant Brunehilde dans What’s Opera Doc, 1957, l’un de ses films les plus célèbres, qui met aux prises Elmer et Bugs Bunny sur fond musical wagnérien. Même si bugs Bunny fut une création de Tex Avery, Chuck Jones fut l’un des animateurs les plus talentueux de Bugs Bunny, qu’il transforma graphiquement, avec l’aide de ses complices Fritz Freleng et Bob McKimpson, pour le « Bugs Bunny Show » d’une chaîne de télé américaine. Son art reposait sur un sens inné du burlesque et du rythme, doublé d’un regard tendre sur les perdants: « Dans mes rêves je suis Bugs, mais au réveil je redeviens Daffy ».
Mais le chef d’oeuvre de Chuck restera la série des courts métrages consacrés à Road Runner et à Wile E. Coyote, devenus Bip-Bip et Vil Coyote en français. Sur les routes désertiques de l’Ouest américain, une sorte d’autruche, mâtinée de casoar casqué, file tel un volatile supersonique pour échapper à l’appétit vorace d’un coyote crevant la dalle dans un monde de pierres et de poussière. « La course du Road Runner a une dimension universelle. C’est une parodie de l’aventure humaine.» Le coyote famélique s’évertue à attraper l’oiseau moqueur. Dans les décors minimalistes évoquant le Grand Canyon, Jones met en scène une oeuvre cruellement drôle, où il se moque de la passion de ses contemporains pour les gadgets inutiles vendus par correspondance. Génial inventeur de pièges en tout genre (catapultes pour rochers et explosifs), peintre de faux tunnels sur des murailles, creuseur de trous munis de souricières géantes, fabricant de trains pour écraser sa proie, Vil est toujours victime d’un sort funeste : il a beau tout essayer pour capturer sa proie, il échoue toujours. Ses propres rochers l’écrasent, les bâtons de dynamite lui explosent à la figure, les locos écrabouillent ses pattes, les enclumes lui tombent sur la tête. Et, surtout, scène récurrente dans la série, le Coyote tombe dans des abîmes sans fond sous le « bip-bip » moqueur du road runner.
Avec Bip-Bip et Vil Coyote, Chuck Jones se démarque vraiment de son père spirituel Tex Avery ... Là où Avery pratiquait l’art de l’accumulation, de la provocation sexuelle et de l’hystérie gagnant une société qui ne méritait pas mieux, Jones épure le trait de ses personnages, stylise les décors en subissant l’influence des peintres américains de l’époque et introduit une nouvelle philosophie. Vil Coyote vit dans un monde vide de toutes règles ou de règles qu’il ne comprend pas. Il erre dans les punitions injustes que ses géniales inventions lui attirent ... Il marche dans le vide en espérant vainement qu’il ne tombera pas.
On peut voir, aussi, en lui, le quidam moyen courant éternellement à la poursuite du rêve américain, devenu le cauchemar de la consommation, personnifiée par Bip-Bip, qui ne peut que le mener à la chute. Vil tente d’être social dans un monde qui nous éduque à cela, mais où la puissance gouvernante, celle de l’économie, celle qui nourrit l’affamé, est définitivement asociale pour les marginaux dont la seule solution à leur problème serait d’être fataliste mais qui ne l’acceptent pas : d’où la quête perpétuelle de Vil aux trousses de Bip-Bip.
Le chic de Chuck est d’enseigner ce message avec la puissance de l’humour et un tir en rafales de dix gags à la minute.
Les états de service de Chuck Jones ne s’arrêtent pas là: durant la guerre, il dirigea la célèbre série humoristique des Private Snafu (destinée tant au repos qu’à la formation du guerrier); puis contribua grandement à la création d’un nouveau studio en rupture de ronron narratif et stylistique, l’UPA (United Productions of America), en supervisant, en 1944, la réalisation de Hell-Bent for Election, film de propagande électorale à la gloire de Franklin Roosevelt. Auparavant, il milita lors de la fameuse grève des studios Disney (ce qui ne l’empêchera pas de participer dans les années 50 au peaufinage de Cendrillon à Burbank). Il rejoint pour une brève période l’équipe de Walter Lantz (père de Woody Woodpecker) en tant que gagman, peu avant la fermeture du département animation de Warner Bros.
Début des années 60, la production de dessins animés pour les salles est en crise. Quand, à l’avènement de la télévision, Bill Hanna et Joe Barbera, remerciés par leur employeur (la MGM) après dix ans de compagnonnage avec Tom and Jerry, fondent leur propre société pour se lancer dans la série télé moutonnière, Chuck Jones relaie un moment le glorieux tandem, reprenant la série sans grand succès. Il reconnaissait lui-même que ces personnages n’étaient pas les siens: « Les Tom & Jerry que j’ai faits ressemblaient au Road Runner et au Coyote travestis en chat et en souris.»
L’âge d’or du cartoon révolu, Jones n’abandonnera jamais l’animation pour autant, oeuvrant jusqu’à son dernier souffle pour la télé (parfois en collaboration avec Dick Williams, le papa de Roger Rabbit), la publicité et quelques longs métrages. En 1962, Chuck Jones rompt tout lieu avec la Warner et écrit avec son épouse Dorothy un scénario original pour UPA, Gay Purr-ee, une comédie musicale où l’on retrouve les voix des stars de l’époque, comme Judy Garland. En 1965, il met en scène The Dot and the Line, animation inspirée d’un roman de Norton Juster, qui sera récompensé par un Oscar et nommé au Festival de Cannes pour la Palme d’or du meilleur court métrage. En 1970, il réalise lui-même The Phantom Tollbooth, une fantaisie inédite toujours en France. En 1972, il est nommé vice-président d’ABC, chargé des programmes pour l’enfance, après avoir réalisé de nombreux films à succès pour la télévision, comme Dr. Seuss’How the Grinch Stole Christmas. Il créera également sa propre société de production, Chuck Jones Enterprises, qui travaille pour la télévision.
Auteur de plus de 300 bandes burlesques, Chuck Jones va totaliser quatre oscars : un en tant que producteur, deux comme réalisateur ( « For Scent-imental Reasons » et « So Much for the Little ») et un ultime pour l’ensemble de son oeuvre, en 1996, « ces dessins animés qui sont autant de classiques et ces personnages dont la vie animée a apporté tant de joie aux gens réels pendant plus d’un demi-siècle », et devient membre honoraire à vie de la Director’s Guild of America. Dans la liste des 50 Meilleurs Cartoons Américains, Chuck Jones réussit le tour de force d'occuper cinq des dix meilleures places pour les meilleurs cartoons de tous les temps… « Pas mal pour un homme qui avoue être secrètement très proche de Daffy Duck » juge avec pertinence l'ouvrage de référence Warner Bros., Secrets et Tradition de l'Animation.
Depuis, il n’a pas cessé de dessiner, mais a quitté les écrans pour les cimaises. Ses œuvres ont été montrées dans plus de 250 galeries et musées dans le monde et achetées par les plus grands collectionneurs. Il compte au rang de ses admirateurs les cinéastes Peter Bogdanovitch, George Lucas et Steven Spielberg, qui ont plusieurs fois confessé l’influence de l’animateur sur leurs propres films. A 85 ans, il avait renoué avec la Warner en signant un contrat de superviseur du département animation et lâché ces quelques mots : « A mon âge, vous ne pouvez vous engager que pour les cinquante prochaines années ...»
A Montréal, lors du discours d’ouverture de la première Rétrospective mondiale de l’animation, en 1967, l’auteur de Chuck Amuck (1) s’étonnait qu’« après avoir, durant tant d’années, prouvé leur capacité à distraire, amuser et stimuler le public, les grands animateurs aient moins droit à la parole que les administrateurs de la télévision». «Ce qui me surprend encore plus, ajoutait-il, c’est que nous leur ayons si passivement lâché la bride sur le cou. Je crois qu’il est temps de considérer que ces gens ne sont que les mouches du coche sur notre croupe.» «L’animation, telle que je la conçois, est l’art de l’impossible ... le seul capable de créer une forme de vie inconnue à partir d’un morceau de tissu ou de papier », déclarait aussi celui qui garda sur le tard une allure de grizzli sarcastique au regard éternellement jeune. Chuck Jones a raconté qu’il ne pensait jamais au public lorsqu’il dessinait, se référant seulement à son propre sens de l’humour. « Ces dessins animés n’ont pas été créés pour des enfants, ni d’ailleurs pour des adultes. Ils ont été faits pour moi », avait-il expliqué.
L’influence de Chuck Jones et de Tex Avery atteint encore les films récents. Un « cartoon » de Chuck Jones, c’est de l’indémodable. Intemporel comme le non-sens car fonçant dans tous les sens interdits de la logique consensuelle. Adoré par les gosses, qui voyent et revoyent ses animations à la télé, apprenant ainsi, avant de déchanter à l’âge des pantalons longs, que tout est possible. Et redonnant de l’énergie au plus raplapla des adultes ... Alain Chabat revendiquait l’humour et la dynamique de Chuck Jones pour son « Astérix et Cléopâtre » dans laquelle une scène, celle où Astérix file à la vitesse de Beep-Beep dans le désert égyptien, est un hommage direct.
Cette esthétique du dessin animé corrosif, si on ne la trouve plus dans les longs métrages populaires actuels d’animation (mêmes le géant « Shrek » ou les créatures volant les cris d’effroi des enfants de « Monstres et compagnie » finissent dans un conformisme moralisateur alors qu’Avery et Jones favorisaient le libre-arbitre), cette esthétique, cette philosophie du « quand on a essayé le raisonnable et que ça ne fonctionne pas, essayons le déraisonnable » hantent les comédies américaines d’aujourd’hui qui fonctionnent sur le choc de la provocation ou du « ça ne se fait pas » ...
Si Chuck Jones et Tex Avery n’avaient fait pousser de nouvelles graines sur le champ du politiquement incorrect, jamais des films tels « Mary à tout prix », « American Pie », « Zoolander », « Animal » ou ceux de Jim Carrey n’auraient vu le jour. Depuis quarante ans, les cartoons de ces maîtres, dont la vitesse et la force comique des récits ont transformé la dynamique des oeuvres d’humour, inspirent les réalisateurs.
Jerry Lewis, les « Panthères Roses » de Blake Edwards, les premières folies de Roberto Benigni, le Jamel, les Robins des Bois et les Nuls du petit écran ou mêmes l’Alain Resnais de « I want to go home », le Godard de « Pierrot le fou », le Truffaut de « Tirez sur le pianiste » et le Poelvoorde de « C’est arrivé près de chez vous », ont, dans leur esprit, quelque chose de Chuck et de Tex.
L’influence de ces artistes de l’animé fut immense. Dépassa le champ cinématographique. Engendra une génération qu’on appelle contestataire. Celle qui participa à l’utopie de mai ‘68 et décida de faire manger un bâton d’explosif à la société conformiste d’alors avait été nourris, on ne l’a pas assez souligné, des dessins animés de Jones et d’Avery. Papa et maman, à la fin des années ‘50, conduisaient leurs chers petits dans des salles programmant un festival de films de Beep-Beep et de Bugs Bunny. Ah, qu’ils devenaient braves et calmes les petiots face à ces animations pour « n’enfants sages ». Mon oeil, oui ! Qu’apprenait-on à ces séances ? A tout faire péter ! A exploser la gueule des empêcheurs de vivre et des tueurs de fantaisies ! A prendre joyeusement dans un piège à souris ceux qui nous fournissaient des carottes avariées pour s’enrichir ! A casser ce qui n’était pas terrier pour bonheur de vivre ! On apprenait que tout était possible si, comme Bugs Bunny, on osait...
Rentrant à la maison avec la mine gentille et sérieuse de Droopy, on leur disait à nos géniteurs « You know what, I am happy ». Mais notre conscience nous sussurait « What’s up, doc’ ? » et on lui répondait qu’un jour on oserait, oui, mettre le feu aux imbécillités de la société en étant aussi insolents que Bugs ! Et tant pis si, à la fin, on connaîtrait le triste sort de Daffy Duck, de Pépé le Putois ou de Vil Coyote qui, même s’ils peuvent apparaître ridicules, ont le courage de persévérer.
Depuis, les personnages de Chuck, de Tex et des autres, Titi et Grosminet, Speedy Gonzales et Yosemite Sam, fiers brûlots qui eurent plus d’importance que les instits à l’époque, ont été récupérés par le marchandising et les parcs à thème. Bugs Bunny et Vil sont en cage. Les jeunes ne connaissent plus que leur inoffensif caractère pelucheux. Une chose étonne. Alors que les plus de 50 ans, enrichis, eux, du bon lait explosif d’origine de Jones et d’Avery, et ils doivent s’en souvenir, subissent, ces temps-ci, affronts sur affronts, dans le monde du travail qui, chaque matin, se débarrasse d’eux comme des chiffons ayant trop servis, pourquoi n’utilisent-ils pas l’énergie combattive du Diable de Tasmanie ou de Bunny pour renvoyer ces « videurs » dans les cordes et leur faire payer leurs vilenies ? Peut-être parce que la forme d’humour rentre-dedans d’aujourd’hui n’est plus combattive à la Chuck Jones. Et a pris, en général, la forme du rire sardonique et non-agissant des Guignols qui font rigoler, oui, mais sans nous sortir, énergisés, de nos fauteuils ...
Chuck Jones est décédé à 89 ans, chez lui en Californie, suite à des complications cardiaques. Puisse sa mort rappeler que la vitesse du mouvement et la baffe du rire utilisés à la manière des judokas peuvent faire exploser des montagnes sociétales qu’on croit infranchissables.
Source : Luc Honorez (Le Soir), Michel Roudevitch (Libération), février 2002
(1) Chuck Jones, ou l’Autobiographie débridée du créateur du Bip-Bip, du Coyote et de leurs amis, préfacé par Steven Spielberg, édité chez Dreamland.
02 août 2007
Les Looney Tunes
Les années 30, un début lent

Créés en 1930, par Hugh Harman et Rudolph Ising, sous la tutelle du producteur Leon Schlesinger, les Looney Tunes sont avant toute chose, une nouvelle tentative de battre Disney sur son propre terrain. Les aventures du petit blackboy nommé Bosko n'arriveront toutefois jamais à égaler en succès celle de Mickey. Une autre série, créée en parallèle et baptisée Merry Melodies se chargera dès l'année suivante de concurrencer les Silly Symphony de Disney.
Quand Harman et Ising quittent Schlesinger peu de temps après pour rejoindre la MGM, le producteur passera les rênes à plusieurs réalisateurs qui reçoivent le mandat de trouver un remplaçant à Bosko. Le blackboy a déserté en même temps que ses deux papas. (D'ailleurs, par la suite, Schlesinger s'assurera que tous les personnages appartiennent au studio plutôt qu'à leurs auteurs. Quant à Bosko, il disparaîtra après quelques films navrants à la Metro.)
Se succèdent donc en tête d'affiche, tout d'abord Buddy qui n'est qu'une "pâle" imitation de Bosko (Certains lui donnère même le surnom de white Bosko!) puis, une série de personnages qui n'ont rien pour arriver à la cheville de la souris de Disney.
C'est dans I haven't gotta hat en 1935 qu'apparaît la première vraie star de la Warner Bros. Le film qui était une tentative de créer toute une ménagerie de nouveaux personnages donnera vie à un duo de chiens jumeaux qui chantent la chanson titre, un hibou prétentieux, un chat fanfaron et surtout un cochon plutôt grassouillet et pris de bégaiement qui répond au nom de Porky Pig. Ce dernier sera d'abord repris dans quelques films pour former un duo avec le chat prénommé Bean.
C'est là que les choses accélèrent. Porky devient vite une star dans des films réalisés par un certain Bob Clampett (celui qui réalisera Beany & Cecil quelques années plus tard). Il se trouve bientôt jumelé à un canard dingue nommé Daffy créé par un dénommé Tex Avery en 1937. Le canard sera à son tour conservé et jouera également aux côtés d'Egghead, un autre personnage absurde créé par Tex Avery qui évoluera vers une forme définitive et se verra rebaptisé Elmer Fudd.
Le coup du Lapin
Vient ensuite en 1939, le personnage qui donnera réellement ses lettres de noblesse au studio et des sueurs froides à l'oncle Walt.
Dans A wild hare, Tex Avery (toujours lui!!!) confronte le chasseur Elmer Fudd à un lapin impassible qui prendra le nom de Bugs Bunny. Bugs n'est pas comme les autres personnages de cartoon. Dès le début, il se distingue par un flegme et une assurance à l'outrance qui annoncent déjà les personnages surréalistes de la MGM. Devant le canon d'un fusil, Bugs ne fuit pas en hurlant; il s'installe confortablement et interroge son adversaire sur le sort qu'il lui réserve.
En très peu de temps, Bugs deviendra la coqueluche de l'Amérique. La 2e guerre mondiale qui commence fera de lui un véritable héros. Les réalisateurs de la Warner qui ont reçu pour mandat de faire des films de propagande et d'entraînement des troupes (entre autre la série Private SNAFU, profitera du sujet d'actualité pour confronter ses héros à l'ennemi. C'est ainsi qu'on peut voir Bugs Bunny décimer l'armée japonaise dans "Bugs Bunny nips the Nips" et Daffy assommer Hitler à coup de maillet dans Daffy the commando.
Mais les choses n'arrêtent pas là. Déjà viennent se joindre à l'équipe Titi puis Sylvestre qui, une fois qu'ils auront été réunis, deviendront quasi inséparables. Bugs sera jumelé de plus en plus souvent à Yosemite Sam, un nabot colérique aux longues moustaches rouges. Nous découvrirons bientôt une basse-cour habitée par Charlie le coq et le chien de garde, son éternel ennemi. Pépé Le Pew, putois romantique recherchera sans relâche l'amour d'une chatte noire qu'il prend pour une des siens. Sylvestre las de la chasse aux canaris se lancera à la poursuite de Hippety Hopper, la souris géante que nous savons être un kangourou.

L'apogée d'un studio
La guerre est finie et l'Amerique s'en sort plus forte que jamais. Partout semble souffler un vent de prospérité au pays de l'oncle Sam. Les Looney Tunes s'adaptent à leur époque et le thème des cartoons changent. On ne parle plus de guerre ou de survie. Le sujet de l'heure est maintenant le confort. On ne chasse plus pour manger mais pour le plaisir de la chasse ou pour obtenir un idéal. C'est le cas de Wile E. Coyote qui poursuivra le Road Runner d'abord comme on chasse une proie puis comme on attente à la vie d'un ennemi. Porky, l'éternel aventurier des années 30 devient un banlieusard grassouillet assailli par Daffy devenu colporteur, par Charlie, le chien orphelin ou par tous les autres parasites de la terre. Bugs de sont côté devra affronter de plus en plus des gens qui tentent de le déranger dans sa vie quotidienne plutôt que d'affronter des prédateurs avides de ragoût de lapin.
Les relations entre les personnages évoluent mais en même temps, d'autres personnages sont créés. Speedy Gonzalez, la souris la plus rapide de tout le Mexique sera le dernier des personnages à engendrer une longue série de cartoons.
Le commencement de la fin
Peu à peu, les thèmes vont s'épuiser. Le cinéma ne veut plus s'encombrer de cartoons et c'est donc la télé qui présentera les aventures des héros de la Warner à travers le Bugs Bunny Show. Suite à des coupures financières et au départ d'une grande partie de l'équipe, la qualité diminue également. Quand la Warner cesse de produire ces cartoons au milieu des années 60, une poignée d'artistes décide de poursuivre l'aventure sous la tutelle de Friz Freleng qui se fait producteur. La plupart des personnages disparaissent définitivement mais demeurent Speedy Gonzales et Daffy Duck. Puis, même ceux-ci seront remplacés par des nouveaux personnages sans grand intérêt tel Cool Cat et Bunny and Claude. Le studio fermera définitivement en 1969.

À la fin des années 70, Chuck Jones et Friz Freleng seront appelés pour produire une série de spéciaux pour la télé et de films-compilations pour le cinéma. Ces spéciaux ne sont souvent que des montages de plusieurs cartoons selon un thème défini, des thèmes presque toujours inspirés des fêtes nationales américaines (Thanksgiving, Halloween, 4 Juillet, Fête des mères)
Une renaissance?
Pour le 50ème anniversaire de Bugs Bunny en 1989, la Warner produit un nouveau court-métrage mettant en vedette le lapin accompagné pour l'occasion de Daffy et Elmer. "Box office bunny" sera le premier d'une nouvelle série de cartoons produits pour le cinéma. Bientôt, la Warner chargera Chuck Jones productions de créer une nouvelle série mettant en vedette les personnage-vedette du studio. Malheureusement, l'expérience échouera après quelques films qui, s'il ne possédaient pas l'humour de leur prédecesseurs ou la magnifique voix de Mel Blanc, avait tout au moins la qualité graphique des cartoons de l'âge d'or.
Dans les années 90, on notera plusieurs productions dont le court-métrage de 1991 de Tony Cervone intitulé The 51 1/2th Bugs Bunny Anniversary doublé par les futurs doubleurs de Space Jam, mettant en scène un betisier de Répétition avec Bugs, Daffy, Elmer et Sam, et un autre court métrage en 1996, avec les voix de Joe Alaskey doublant à présent Daffy, Bugs, Sylvestre et bien d'autres dans CarrotBlanca, nominé aux oscars!
28 juillet 2007
Looney Tunes et Merrie Melodies
Dans les années 30, voir un film au cinéma impliquait non seulement la projection d'un film mais aussi de toutes sortes de petites séquences entourant l'attraction principale.
Parmi elles, notons des informations, des bandes annonces, des feuilletons, des petits reportages ou des comptes-rendus de voyages... Et bien entendu des dessins animés. En cette période marquée par la dépression, il fallait que le spectateur en ait pour son argent.
C'est dans ce contexte que sont nés les Looney Tunes. En effet, toute les majors de l'époque étaient soit associées avec un producteur de cartoon, soit avaient créé leurs propres studios. Dans un premier temps, Warner Bros. s'associa avec le studio d'animation Leon Schlesinger.

Ce studio était composé de quelques artistes qui ont marqué l'histoire de l'animation, Hugh Harman et Rudolf Ising. Ces derniers avaient travaillé auparavant avec Disney avant de le quitter suite à la scission des studios. Disney s'offrant d'ailleurs une fameuse part du marché suite à la production du premier dessin animé sonore Steamboat Willie (mettant Mickey Mouse en scène).
Le tandem Harman-Ising réplique avec une nouvelle avancée technologique en produisant Bosko The Talking Kid, qui comme son nom l'indique dépasse la prouesse de Disney. Cette fois, ce n'est pas simplement de la synchronisation de musique et d'images mais bien un dessin animé parlant dans lequel Bosko, le personnage principal, parle et chante. A noter que l'animation était due au travail de Isador "Fritz" Freleng, un jeune animateur.
Les frères Warner, visionnant le film, décident de commander deux séries de courts métrages animés. La première n'est autre que les Looney Tunes, il s'agit d'une série mettant en scène le personnage de Bosko ainsi que divers autres personnages récurrents. Chaque épisode met alors en scène de petites aventures souvent similaires du personnage. Les Merrie Melodies quant à elles ne suivent pas la logique de récurrence d'un personnage, il s'agit ici de mettre en scène le catalogue musical de la Warner. Dans ce dernier cas, les décors et les personnages sont différents à chaque épisode bien que l'on peut remarquer quelques similarités comme un trio presque omniprésent: un garçon, une fille et un méchant.
C'est alors que le trio Harman, Ising et Freleng décident de quitter Schlesinger et la Warner pour lancer leur propre studio. Un coup dur pour la Warner qui ne peut maintenir le niveau de qualité et opte pour des productions très semblables à ce que les artistes créaient précédemment. Quelques années plus tard néanmoins, en 1934, Freleng décide de revenir chez Schlesinger, le succès revient.
Nous sommes en 1936, la grande époque de l'animation à la Warner vient tout juste de commencer. En effet, deux jeunes artistes commencent à se faire remarquer dans le studio, il s'agit de Bob Clampett (animateur) et Chuck Jones (animateur-réalisateur) qui rejoignent l'équipe de réalisateurs composée déjà de Friz Freleng, Tex Avery et Frank Tashlin. L'équipe se compose également d'autre artistes inoubliables tel le compositeur Carl W. Stalling , le bruiteur Ted Brown et la voix irremplaçable de Mel Blanc. La production de dessins animés explose avec à peu près trois douzaines de films en moyenne par an et cela ne fait que commencer.
Il est intéressant de noter ici combien la Warner s'est voulue différente des productions Disney. Les dessins animés Disney se voulaient intemporel alors que les artistes des Looney Tunes se voulaient dans l'air du temps et représentatif de l'actualité, parodiant des célébrités de l'époque tel que Jimmy Durante.
Chacun des ses artistes apporte sa propre pierre à l'édifice. Ils ont tous un style très personnel comme nous allons le voir plus en détail.
En réalité, tous les réalisateurs du studio sont imprégnés des idées avancées par le célèbre Tex Avery: rythme effréné, humour, impertinence, exagération à outrance, personnage s'adressant au public.
Freleng, le plus ancien, à la tête d'un poste clé dans le studio, établit ce qui sera la signature des productions animées de la Warner sur base des idées de Tex Avery qu'il modifie à sa sauce. Son expérience dans la synchronisation musicale lui permet de mettre un rythme particulier dans les productions, surtout les Merrie Melodies qui deviennent plus satiriques. Parmi ces personnages, notons Sylvestre (1945) et Sam Le Pirate (1945).
Frank Tashlin quant à lui est un cinéaste, un vrai. Il est d'ailleurs tellement passionné de cinéma qu'il insuffle dans ses dessins animés des styles propres aux films et inédits en matière d'animation. Il travaillera en particulier sur les meilleurs épisodes de Porky Pig, avant de quitter le studio en 1946 et de devenir réalisateur de films.
Bob Clampett est celui qui restera le plus fidèle à l'esprit Tex Avery. Son style réside surtout dans les intrigues particulières et à sa manière de rendre les personnages attachants. Bugs Bunny et Daffy Duck deviendront grâce à lui plus attirants malgré leur pugnacité. Le personnage clé créé par cet artiste est Titi, une sorte de canari avec des formes de bébé. C'est dire que Titi est représentatif du travail de Bob Clampett.
Les films de Chuck Jones sont parfaitement reconnaissables. Imaginez de nombreuses courses poursuites, des canyons interminables... Vous l'aurez deviné, Bip Bip et le Coyote, c'est lui. Notons qu'il est aussi à l'origine des caractères insupportable de Daffy Duck et impassible de Bugs.
Il y tout d'abord une volonté de trouver des personnages particuliers et inoubliables, une sorte de signature des studios. C'est ainsi que dès 1935 apparaissent les trois premiers grands personnages de la Warner.
Le premier est un cochon sans pantalon nommé Porky Pig. Le personnage possède une petite amie et des chiens mais surtout se retrouve déjà dans des scénarios particuliers à la Warner: les parties de chasse.
Mais très vite, Daffy Duck, et surtout Bugs Bunny, viennent faire de l'ombre au petit cochon. Tout deux apparaissent lors d'une partie de chasse du cochon et s'avèrent l'un comme l'autre impossibles à attraper. Alors que la seconde guerre mondiale retentit, la Warner a définitivement trouvé son style et cette fois, même le départ de Tex Avery en 1942 puis de Tashlin et Clampett en 1946 n'y changeront rien.
De ces trois personnages, c'est Bugs Bunny qui deviendra le porte-drapeau de la Warner. Son image correspond à celle d'une nation en guerre tentant de protéger son territoire. Le lapin est très vite décliné dans des produits dérivés comme la bande dessinée et les vêtements. Devant un tel succès, la Warner décide qu'il est plus judicieux d'être le propriétaire du lapin star plutôt que son distributeur. Aussi Warner Bros. rachète Schlesinger en ce compris les studios, les contrats de travail, les droits des personnages et même les archives.
S'en suivent toute une série de méchants pour s'opposer aux héros: Sam le pirate, le Diable de Tasmanie... La partie de chasse est toujours un thème récurrent: Titi et Sylvestre, Bip Bip et le Coyote, Pépé le Putois et Charlie le Coq. Notons que c'est à cette époque que la Warner commence à battre Disney sur le terrain des Oscars.
Les années cinquante sont un tournant dans l'histoire de ces personnages. Sous l'impulsion de Chuck Jones, leurs personnalités deviennent subtiles et psychologiques. On aborde également d'autres thèmes tel que l'opéra (What's Opera Doc? et The Rabbit of Seville). Autrefois dans le même camp, Bugs Bunny et Daffy Duck deviennent également des opposants.
Mais les années 50 sont aussi marquées par l'intrusion de la Warner dans le monde de la télévision, et 1960 voit l'arrivée du Bugs Bunny Show sur ABC. Le programme hebdomadaire est long d'une trentaine de minutes et comporte un film principal présenté par les personnages Warner. L'émission est à la fois un immense succès mais aussi l'un des derniers jeux gagnants de la Warner Animation.
La conjoncture veut que de gros changements interviennent, la Warner se sépare de ses salles de projection et les dessins animés n'ont plus le succès d'antan. En 1963, suivant l'exemple de autres studios, la Warner ferme les portes de sa section animation.
Mais tout n'est pas fini pour autant. Alors que la Warner réalise son erreur, Freleng vient juste de créer sa propre compagnie et la Warner lui propose de reprendre les personnages des Looney Tunes, ce que le studio de Freleng fait trois années durant. La production de ces années là est surtout marqué par l'usage de paires de personnages: Daffy Duck et Speedy Gonzales (nouvellement créé), et surtout Bip Bip et le Coyote.
Peut-être encouragée par la bonne humeur de Speedy, la Warner décide de rouvrir un studio mais les résultats ne sont pas convaincants et le studio ferme ses portes pour de bon en 1967. C'est le début d'une longue pose dans la production des dessins animés Warner. Une pause que nous n'avons d'ailleurs pas forcément ressenti en Europe tant la diffusion et la rediffusion des dessins animés de l'époque ne cessaient de faire vivre et revivre les personnages. Visiblement, à l'instar de leurs scénarios dans lesquels Bugs s'en sort toujours, les personnages de la Warner sont toujours vivant. Ils sont même tellement vivant que dans les années 1970 ils sont considérés comme de l'art, que des études académiques s'intéressent à eux et que certaines productions ponctuelles permettent de réanimer Bugs et ses amis pour un temps (c'est le cas du Carnaval des Animaux, concert filmé mettant en scène Bugs et Daffy).
S'en suivent une série d'évènement qui prouvent combien les personnages sont loin de disparaître: le Musée d'Art Moderne de New York fait des rétrospectives, publicités, films,...
Vers 1988, l'idée de remettre en service un studio commence à germer au sein de la Warner. Mais c'est surtout l'arrivé d'un autre lapin qui va faire sortir Bugs de son terrier. Cette fois, le lapin répond au nom poétique de Roger. Jusque là rien d'extraordinaire, si ce n'est que se cache derrière lui un tandem gagnant du cinéma: Robert Zemeckis et Steven Spielberg. Le succès de Qui Veut La Peau De Roger Rabbit? est tel que Spielberg se sent motivé pour s'associer avec la Warner, et lancer une nouvelle série, les Tiny Toons. La Warner rouvre des studios et recommence sa production de séries animées, avec ou sans Spielberg. Le style est nouveau et doit beaucoup aux acquisitions de la Warner (notamment DC Comics) depuis 1967, on voit donc apparaître au côté des Tiny Toons, d'autres héros connus ou en voie de l'être: Taz-Mania, Animaniacs, Batman: The Animated Series, Minus & Cortex, The Sylvester & Tweety Mysteries, Freakazoïd, Road Rovers et Superman.
Le tout est dopé par la fête des 50 ans de Bugs Bunny, et donc la mise en chantier de nouveaux classiques pour le petit et le grand écran (Carrotblanca et Superior Duck). Bugs et Daffy ont depuis remis trois Oscars et se sont même fait quelques parties de basket avec Michael Jordan. C'est dire que Bugs est loin de nous quitter.
19 juillet 2007
Histoire de la Warner

Aujourd'hui, la Warner fait partie du plus grand groupe mondial de communication: AOL Time Warner. Cette "major" des médias fut constituée en 2001 lorsque AOL, issu de ce que l'on appelle la nouvelle économie (par référence au développement du commerce via internet), acheta le groupe Time Warner. Ce géant du divertissement rassemble des industries du cinéma, de la musique, du câble et de la télévision ainsi que de la presse, de l'édition et des services Internet, proposant ainsi un ensemble de marques prestigieuses: Warner Bros., AOL, Time, Cartoon Network, Hanna Barbera, CNN, HBO, People, ...
Ce géant de l'industrie des médias a donc parfaitement réussi ce que l'on appelle l'intégration verticale (une société qui contrôle toute les étapes de production d'un produit : la Warner produit des films, les réalise et les distribue) et la concentration horizontale (société qui dispose de plusieurs unités de production de même nature: télévision et cinéma par exemple).
Il n'en fut cependant pas toujours ainsi, l'histoire de la Warner Bros. tient plus de la légende et de la réalisation du rêve américain. Au début du siècle dernier, lorsque quatre frères, Harry, Jack, Sam et Albert, impressionnés par le kinetoscope d'Edison décident de se lancer dans l'industrie du cinéma. D'abord en créant et animant une salle de cinéma dans laquelle ils projettent des films. Très vite, leur esprit d'entreprise les engage sur la route de la distribution en rachetant les droits de nombreuses productions. Néanmoins, l'importance grandissante des quatre frères n'est pas trop appréciée par Thomas Edison lui-même et quelques sociétés propriétaires des premiers brevets cinématographiques. Ces dernières tentent de les écarter du marché. Cela n'arrête pas le quatuor gagnant qui se lance dorénavant dans la production en réalisant leur premier film Peril Of The Plains avant de partir s'installer définitivement en Californie en 1912. Très vite leur entreprise prospère et les Warner sont non seulement à la tête de leur propre studio mais rachètent également quelques- uns de leurs concurrents avant de devenir l'une des plus grandes sociétés cinématographiques de l'époque.
Ayant l'esprit innovateur et croyant en la technologie, Warner Bros. s'associe avec la Western Electric pour fonder la Vitaphone Corporation. Dès cet instant, l'objectif de la Warner est de produire le premier film parlant du cinéma ce qui est fait en 1927 avec The Jazz Singer (Le Chanteur De Jazz). Dès cette époque, tous les films de la Warner deviennent parlants.
Dès les années 30 apparaissent les premières animations du studio. Les Looney Tunes sont produits par Vitaphone et constituent une partie du catalogue Vitaphone Short. Ces petits films d'animation mettaient en scène Bosko, la première célébrité animée de la Warner ... Mais surtout, la première d'une longue série. Peu après, en 1931, apparaissent les Merries Melodies destinées à promouvoir le catalogue musical de plus en plus fournit de la Warner Bros.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les années 30 marquent un âge d'or pour les studios Warner. En effet, c'est la grande dépression mais le cinéma est alors une activité très bon marché qui a le don de faire oublier au public ses malheurs quotidiens. Les productions de la Warner se centrent dès lors sur les comédies musicales et sur les drames sociaux réalistes, les premières faisant rêver, les seconds permettant au public d'affronter ses problèmes quotidiens.

A la fin de la dépression et dès le début de la seconde guerre mondiale, tout comme les autres sociétés de production de l'époque, la Warner produit des films patriotiques et de propagande dont les plus mémorables sont certainement The Maltese Dalcon et Casablanca. Cette époque coïncide également avec la naissance d'un lapin, probablement le plus célèbre de tous les personnages du studio: Bugs Bunny. Au départ, il répondait en réalité à cet appel du clairon. Bugs défendait contre vents et marées son terrier, faisant ainsi référence à l'effort de guerre américain. Le succès de Bugs est tel qu'il quitte très vite "Toon Town" pour apparaître dès 1949 au coté de Jack Carson dans les comédies musicales "live" Two Guys From Texas et My Dream Is Yours.
Les années 50 sont quant à elles marquées par le démantèlement de Warner Bros. En effet, le gouvernement américain décide à l'époque de la séparation des secteurs d'activité des grandes compagnies, estimant qu'elles bénéficient d'une avancée économique injuste du fait d'être également propriétaires des salles de projection. La Warner se sépare donc de son réseau de salles de cinéma pour se concentrer sur la production.
Les années cinquante voient également la Warner investir dans un nouveau média en pleine croissance: la télévision. La Warner est en effet le premier studio de cinéma à avoir investi dans la production télévisée et à s'unir à des chaînes de télévision avec des émissions telles que Cheyenne, Maverick, 77 Sunset Strip, Sugarfoot ou encore le célèbre Bugs Bunny Show sur ABC en 1960.
Les années soixante sont marquées par la fermeture des studios d'animation... il faudra quelques années pour revoir les personnages de la Warner de retour dans les petites séries qui ont fait leur succès.
Depuis, la Warner s'est affirmée dans de nombreux domaines dont la musique, la télévision (l'apparition du câble offrant des possibilités incroyable, sans parler par la suite des chaînes satellites). En 1989, c'est la première grosse fusion de la Major qui devient dorénavant Time Warner Inc. WB, la chaîne de télévision du groupe est lancée en 1995 suivie très peu de temps après par Kid's WB ! Seconde grande étape dans les années 90, le rachat par la société de Turner Broadcasting System Inc. qui permet au géant de récupérer un grand nombre de films et de dessins animés dont l'homme d'affaires Turner avait obtenu les droits de par le passé.
Aujourd'hui, depuis la fusion AOL Time Warner, ce géant représente le premier groupe de média et possède le catalogue le plus large en matière d'audiovisuel.
